Dépisteur-chef à 24 ans seulement
Raphaël Pouliot n’a pas le tempérament nerveux. Pourtant, c’est avec la gorge nouée par le stress qu’il a annoncé le tout premier choix des Huskies de Rouyn-Noranda. À l’âge de 24 ans seulement, l’ancien des Cataractes, du Junior et de l’Armada participait à ses premières assises à titre de dépisteur-chef d’une équipe de la LHJMQ.
« C’était stressant; j’avais hâte de voir si le joueur que l’on convoitait serait encore disponible », explique-t-il.
Sa carrière de recruteur a débuté il y a trois ans; quelques mois seulement après la fin de son parcours avec l’Armada de Blainville Boisbriand. Le grand attaquant a pris la route de Moncton pour ses études. Au Nouveau-Brunswick, il a défendu les couleurs des Aigles-Bleus de l’Université de Moncton.
« Il s’est avéré qu’au cours de cette période, les Huskies avaient besoin d’un recruteur dans les maritimes. Mon père travaillait pour l’équipe, alors l’association était des plus naturelles. André (Tourigny) m’a donné une chance. L’année suivante, je revenais au Québec… on m’a offert un nouveau territoire. 12 mois plus tard, on m’a suggéré à ma grande surprise le travail de recruteur-chef », explique-t-il.
Cette promotion, c’est André Tourigny et Gilles Bouchard qui lui ont donné. L’ex-entraîneur adjoint de l’Avalanche du Colorado a rapidement été impressionné par les qualités de Raphaël Pouliot.
« Dès notre première réunion d’équipe, je savais que Raphaël avait un grand potentiel. C’est un jeune homme qui a une belle personnalité, c’est un leader qui possède un bon jugement et surtout… il est capable de demeurer calme dans toute situation », explique André Tourigny visiblement fier de ce que son poulain est devenu.
Et même si Tourigny consacre maintenant presque tout son temps à la LNH, Pouliot sait qu’il peut encore compter sur son expérience.
« Je le regarde aller depuis trois ans et c’est impressionnant. Je me souviens au repêchage de 2013, il avait passé la journée à faire des transactions sur le plancher. Ça a été payant parce que l’an dernier, sept de nos joueurs provenaient de ce repêchage. C’est une journée importante et j’espère qu’à mon tour je pourrai participer à construire une équipe gagnante. On travaille en équipe et c’est certain que j’apprends beaucoup d’André présentement », confit-il.
Une histoire de famille
Le cheminement de Raphaël n’a rien de bien surprenant. Son père Mario roule sa bosse dans le hockey depuis près de 20 ans. Entraîneur-chef dans le Midget AAA, il a fait le saut dans la LHJMQ lors de la saison 2010-2011.
« Raphaël a toujours eu un excellent sens du jeu. Sa passion pour la gestion du hockey ne date pas d’hier. Je me souviens quand il était petit, il jouait souvent à des jeux de ligue simulée et montait ses propres alignements. Il est très allumé et il connaît tous les joueurs », explique son père Mario qui dirige actuellement le Titan d’Acadie-Bathurst.
Animés par la même passion, les deux hommes discutent évidemment de hockey sur une base presque quotidienne.
« Je ne dis pas que j’ai toujours appliqué ce qu’il me suggérait; mais chaque fois que Raphaël me proposait quelque chose par rapport à un joueur ou une situation qui touchaient l’une de mes équipes, j’ai toujours pris en considération ses commentaires. C’est spécial ce qu’on vit en famille aujourd’hui », conclut-il en souriant.








































































